De 400 000 à 600 avant Jésus-Christ - Préhistoire et Protohistoire

Les premières populations s’installent sur le territoire. À partir des basses gorges du Verdon, ces premiers hommes gagnent peu à peu l’ensemble du pays. Les nombreuses grottes qui jalonnent les gorges du moyen et du bas Verdon font de ce territoire un des hauts lieux de la préhistoire. Les cavités formées dans la roche ont permis l’implantation humaine dès le paléolithique. Ils sont nomades, vivent de chasse, de pêche et de cueillette.
La rupture se produit avec l’Homme du Néolithique (6 000 av. J.-C.), un sédentaire qui développe un habitat groupé dans l’ensemble du pays du Verdon et se fait éleveur et agriculteur. Il sait filer la laine, produit de la céramique, érige des dolmens et développe les échanges commerciaux.
L’usage des métaux apparaît au Chalcolithique (vers 2 000 avant J.-C.). Des vestiges protohistoriques - âges du Bronze (1 800-725 av. J.-C.) et du Fer (725 à 100 av. J.-C.) - ont été découverts sur l’ensemble de la région. Les populations se dispersent par la suite en petites unités culturelles (quelques-unes occupent les sites de hauteur, les oppida).

 

De 600 avant J.-C. à la fin du Ve siècle après J.-C. - l’Antiquité

Après une longue guerre contre les tribus gauloises, les Romains fondent en 118 av. J.-C. une province transalpine, qui deviendra plus tard la Narbonnaise. A l’est, l’empereur Auguste crée la province des Alpes-Maritimes, dont la frontière avec la Narbonnaise se situait près de l’actuel village de Rougon. La cité de Salinæ (Castellane) est fondée autour de sources d’eau salée, tandis que la cité de Riez, siège d’une colonie, est créée sous Auguste dans la plaine du Colostre. Durant l’occupation romaine, le terroir du Verdon est voué à la culture : plusieurs centaines d’établissements ruraux isolés, parmi lesquels des villæ, véritables domaines agricoles, ont été recensés.

 

Du VIe siècle à l’an mil - le Haut Moyen Âge, la domination franque puis l’indépendance

La région est rattachée au royaume des Francs en 536. Elle recouvre son indépendance en 879. Les Sarrasins occupent le massif des Maures en 880. Ils étendent leurs raids jusqu’aux Alpes. Saint Mayeul, né vers 909 à Valensole, devient abbé de Cluny en 954. Sa capture en 972 déclenche la guerre contre les Sarrasins. Guillaume le Libérateur repousse les Maures en 976.

 

De l’an mil à la fin du XIIIe siècle - la période médiévale

Les fiefs se recomposent, le renouveau monastique s’impose. L’art roman connaît un grand rayonnement. C’est une période de prospérité, caractérisée par l’essor des villes et des échanges.

 

XVe et XVIe siècles - les guerres, les pestes et la misère

D’importantes crises socioéconomiques, conjuguées aux épidémies de peste noire, ruinent le pays.
La Provence intègre progressivement le royaume à partir de 1481, date de la mort du roi René. Le territoire est réinvesti fin XVe mais le XVIe siècle est durement frappé par le conflit contre Charles Quint, les guerres de religion et les troubles de la Ligue. Le catholique Jean de Pontevès, grand sénéchal, seigneur de Carcès et de Blieux, devient comte de Provence en 1571 après sa victoire sur Charles Quint.

 

XVIIe - XVIIIe siècles – essor de l’industrie locale

La population s’accroît, les villages se développent. Affaiblie, la noblesse locale s’allie à la bourgeoisie qui gagne en puissance. Ce sont les premiers pas de l’industrie locale : verrerie, poterie, aménagements hydrauliques… Sous le règne de Louis XIV, Moustiers-Sainte-Marie devient un des plus grands centres faïenciers de France.


Le XVIIIe siècle - siècle des Lumières

Ceux qui illustrent les Lumières sont le père Marc, de Bauduen, orateur capucin du XVIIe, l’abbé Bausset, natif du même lieu, philosophe célèbre du XVIIIe, le père Pellas de Comps, auteur en 1723 du premier dictionnaire de langue provençale et l’abbé Jean, d’Aups, qui fit ériger dans son jardin une curieuse colonnade en terre cuite gravée d’une synthèse des connaissances scientifiques.
Mais le siècle des Lumières est également une période noire dans l’histoire de la Provence. En 1720, la grande peste s’abat sur le territoire et le vide de ses habitants.

 

XIXe et XXe siècles - Les grandes mutations

De profonds changements sociaux, techniques et économiques président à la transformation des paysages, des modes de vie et de l’organisation territoriale. Ce sont aussi des heures violentes, celles des conflits mondiaux qui affectent l’économie et provoquent la déprise rurale.
Parmi les hommes de cette période, citons Martin Bidouré, l’insurgé fusillé à Aups lors de l’insurrection de 1851, Marcel Provence, qui relance la production faïencière de Moustiers-Sainte-Marie en 1927, et tous les résistants, qu’ils soient de 1851 ou des pires moments de la seconde guerre mondiale.
Le début du XXe siècle est marqué par la « découverte » des gorges du Verdon. Mais contrairement à l’idée reçue, le géologue Edouard-Alfred Martel n’a pas mené seul l’exploration, en 1905. Il était accompagné d’un groupe de locaux, avec à leur tête Isidore Blanc, instituteur à Rougon. C’est en son honneur que le sentier emblématique a été rebaptisé Blanc-Martel. Cependant, cette découverte ne signifie pas que le territoire était un espace inhabité. En effet, les gorges ont, de tous temps, été parcourues par les hommes et en gardent aujourd’hui l’empreinte : chasseurs, cueilleurs de buis, apiculteurs, bergers, forestiers…
Au milieu du XXe siècle, le programme d’aménagement de l’E.D.F. (Electricité De France) permet l’édification de cinq barrages :

  • celui de Castillon, mis en eau en 1948,
  • celui de Chaudane, opérationnel en 1952,
  • celui de Gréoux en 1967,
  • de Quinson en 1972,
  • et de Sainte-Croix en 1974.

Quelques communes voient alors leur terroir noyé (Aiguines, Bauduen, Sainte-Croix, Saint-Julien-de-Verdon) et parfois même leur village (Les Salles-sur-Verdon). Cette transformation du paysage, lieu de vie des habitants, marque les mémoires, les pratiques et les cœurs.
À la fin de l’année 1970, l’inauguration du camp militaire de Canjuers (d’une surface de 35 000 hectares) est un nouveau symbole de l’expropriation du territoire subie par les habitants.
Vient également l’ère du nucléaire dans le Verdon avec l’inauguration du centre d’études nucléaires de Cadarache, en 1963, suivi dans les années 2000, de la construction d’un prototype de réacteur nucléaire à fusion (ITER).

Mais pour ne pas subir les transformations et mutations du territoire, les habitants du Verdon ont choisi de s’adapter en développant de nouvelles activités respectueuses de leur Verdon.

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