Dans un contexte où les défis lancés au monde agricole sont nombreux (adaptation au changement climatique, nouvelles politiques agricoles et environnementales, incertitudes des marchés…), les agriculteurs et les acteurs scientifiques et techniques qui les entourent doivent s’allier pour progresser.

C’est pourquoi 4 partenaires :

  • la Chambre d’Agriculture des Alpes de Haute-Provence,
  • le Parc naturel régional du Verdon,
  • la Société du Canal de Provence,
  • AgroSYS chaire d’entreprises de Montpellier SupAgro,

se sont associés autour d’un projet, REGAIN, pour tenter de faire du Plateau de Valensole un territoire modèle de développement « agro-écologique ». Le partenariat s'est concrétisé le 20 janvier 2016, lorsque les quatre structures se sont retrouvées pour signer la convention quadripartite.

 

La popularité du terme « agro-écologie » a connu un véritable essor ces dernières années. Elle se définit comme une façon de produire qui concilie performances économique, environnementale et sociale.

Une exploitation qui applique les principes de l’agro-écologie est une exploitation où les productions sont économiquement rentables, diversifiées, où l’usage des ressources sensibles (carburant, engrais, irrigation, produits phytosanitaires…) est maîtrisé, où les ressources naturelles sont préservées (eau, sol, air, biodiversité), où les services auprès des écosystèmes sont optimisés et qui contribue au système alimentaire local.
L’ambition désormais est de lancer une dynamique territoriale globale, au cœur de laquelle les agriculteurs, épaulés de techniciens et de chercheurs, pourront, en mutualisant leurs moyens, tester, échanger, partager leurs savoirs et progresser ensemble. C’est le dessein du projet Regain.

 

 

Cinq entrées techniques ont été choisies, dont l'animation est partagée entre la Chambre d'agriculture 04 et le Parc naturel régional du Verdon.

  • La qualité des sols : comment lui redonner une place prépondérante au sein des systèmes d’exploitation ?
  • Agriculture – paysage – biodiversité : quelles interrelations ? quelles complémentarités ?
  • La fertilisation des céréales à paille : comment mieux la maîtriser ?
  • Les plantes à parfum, aromatiques et médicinales : comment maintenir ces cultures emblématiques du territoire ?
  • L’irrigation : quelles évolutions dans les pratiques et les matériels ?

 

Présentation des volets animés par le Parc naturel régional du Verdon.

Le volet Agriculture - paysage & biodiversité : les infrastructures agro-écologiques (arbres, haies) du Plateau de Valensole

Avant la révolution agricole du 20ème siècle, le plateau de Valensole était cultivé d’amandiers et de chênes truffiers. L’agriculture de l’époque était caractérisée par de petites exploitations de surfaces moins importantes, où productions animales et végétales se succédaient dans un système que l’on pourrait qualifier d’agro-sylvo-pastoral. Suite à la révolution agricole du XXème siècle, le patrimoine arboré "non forestier" a commencé à disparaître. Une tendance que le Parc du Verdon souhaite inverser.

L'évolution du paysage agricole sur le Plateau de Valensole

Amandier du Plateau de Valensole - E. BarrandonAu sortir de la seconde guerre mondiale, l’agriculture française a dû répondre à une demande alimentaire importante et les systèmes agricoles ont évolué en conséquence. Le contexte économique, l’essor des moyens techniques et industriels (mécanisation, intrants chimiques), la politique agricole commune, les remembrements successifs, ont orienté l’évolution des systèmes agricoles français. Sur le Plateau, l’amandier, qui était jusque dans les années 50 au cœur des systèmes de production, a peu à peu laissé place à des cultures plus rémunératrices telles que le lavandin et le blé dur. D’élément de production, l’amandier est passé à élément du paysage.

Les remembrements successifs, nécessaires pour regrouper les parcellaires et optimiser le temps de travail, ont aussi eu pour conséquences de supprimer des linéaires et zones boisés. Sur le plateau de Valensole, comme au sein de tout paysage agricole, les habitats non cultivés tels que les haies, les alignements d’arbres et les arbres isolés sont des habitats à fort enjeu écologique. De nombreuses espèces animales emblématiques y sont inféodées comme la Pie Grièche méridionale ou la Chevêche d’Athéna.

 

Les haies et l'optimisation des services éco-systémiques d'une exploitation agricole

Les haies replantées de façon pertinente peuvent rendre des services à l’agriculture : frein à l’érosion des sols, accueil des prédateurs des ravageurs des cultures, brise-vent, accroissement de la ressource alimentaire des pollinisateurs domestiques ou sauvages. (activité apicole importante sur le plateau).

Pour toutes ces raisons, la plantation de haies et/ou d’arbres isolés et alignés devient un enjeu fort sur le plateau de Valensole.

C’est pourquoi en 2016, à travers le projet REGAIN, le Parc du Verdon s’engage au côté des agriculteurs sur une action de plantation de haies.

Ont été proposés aux agriculteurs désireux de planter des haies :

  • Une formation de 2 jours sur les haies et l’agroforesterie
  • Un accompagnement technique pour définir les projets, aider aux choix des essences, évaluer la faisabilité économique du projet.
  • Le démarchage de pépinières pour faire un achat groupé de plants locaux et adaptés au contexte du Plateau de Valensole
  • Une prise en charge partielle du coût des plants  (dans la limite des moyens financiers disponibles en 2016 et sur la base d'un partenariat déjà établi avec des agriculteurs volontaires)

Cette action de plantation de haies a bénéficié du soutien financier de la fondation l'Occitane et du Conseil Régional PACA.

 

 

Le volet qualité des sols : replacer les sols au centre de son système

Le sol, par les multiples fonctions qu’il assure (production, épuration, réservoir de biodiversité, stockage de C…) occupe une place centrale au sein des systèmes d’exploitation agricole. Pour un agriculteur, mieux connaitre ses sols et leurs fonctionnements, savoir relier ses pratiques aux observations pédologiques, permet d’optimiser la conduite du système d’exploitation et d’améliorer ses performances agronomiques et environnementales.

2015 : un premier diagnostic de la qualité des sols pour mettre un pied à l'étrier

Sur une dizaine d’exploitations agricoles du plateau de Valensole, un groupe d’étudiants de Montpellier SupAgro a mis au point une méthodologie de caractérisation de la qualité physique, chimique et biologique des sols. Pour ce faire, ils ont réalisé une 40aine de profils culturaux sur tout le plateau. La question du fonctionnement biologique des sols a été abordée de manière simple via des comptages de vers de terre. Des échantillons ont été prélevés afin de réaliser des analyses physico-chimique et d’évaluer le taux de matière organique (analyse de sol classique et méthode spectrophotométrique). Chaque agriculteur a pu bénéficier d'un bilan personnalisé reliant ses pratiques au diagnostic pédologique, complété par des préconisations.

Le 30 septembre 2015, à la suite de cette semaine d'étude, s'est tenue la première journée de restitution des travaux de REGAIN, où une animation autour d'une fosse pédologique a été proposée. 100 personnes dont 30 agriculteurs ont été présents ce jour là (cf. photo ci-contre).

 

 

2016 : pas à pas vers une agriculture sur sol vivant

On le sent, les agriculteurs sont demandeurs d'informations, de formations, d'appui technique, pour mettre en oeuvre des pratiques permettant d'améliorer la qualité de leur sol, et a fortiori de leur système. Parler de sol, c'est parler de rotation, de couverture végétale, de fertilisation, de travail du sol...

Pour aller plus loin en 2016, nous proposerons donc :

  • un cycle de formation sur le fonctionnement des sols, les matières organiques et la fertilité biologique des sols
  • un recueil sur les couverts végétaux en intercultures et inter-rang en culture pérenne
  • des animations avec des experts spécialistes de l'agriculture de conservation des sols
  • un suivi expérimental du compostage des pailles de lavandin

 

L’agro-écologie est un défi lancé au monde agricole, et c’est ensemble que nous parviendrons à y répondre.

Pour tout renseignement sur ces actions, contacter l'animatrice Perrine PUYBERTHIER, du Parc naturel régional du Verdon : ppuyberthier@parcduverdon.fr, ou au 04 92 74 68 12.

 

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