Faire face aux changements climatiques

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La réalité du changement climatique fait désormais l'objet d'un très large consensus au niveau planétaire. Elle reste néanmoins plus difficile à appréhender aux échelles plus locales. Si le territoire du Parc naturel régional du Verdon n'échappe pas aux tendances nationale et régionale d'évolution du climat, il faut tenter de mieux connaître sa vulnérabilité par rapport à l'ensemble des domaines qui, au-delà des écosystèmes, seront particulièrement impactés par le changement climatique (cadre de vie et santé, biodiversité, devenir de la ressource en eau, activités agricole et touristique...).

Comme le précise le rapport du GIEC d'octobre 2018, "toute augmentation supplémentaire de la température, aussi minime soit-elle, aura son importance, d'autant qu'un réchauffement de 1,5 °C ou plus augmentera le risque associé à des changements pérennes ou irréversibles, telle que la disparition de certains écosystèmes".

Evaluer la fonctionnalité des continuités écologiques et leur devenir, dans un tel contexte, est un exercice périlleux.

Mais il est d'autant plus important pour le territoire de s'appuyer sur des continuités écologiques en bon état et fonctionnelles, que ces dernières seront plus-à-même de permettre aux écosystèmes et à leurs cortèges d'espèces, de mieux absorber ces changements d'envergure. La lutte contre les effets du changement climatique et les politiques d'adaptation du territoire passent ainsi par une maitrise du développement de l'urbanisation et la préservation de la biodiversité et de nos ressources naturelles.

Vu les échelles de temps très courtes sur lesquelles se produisent ces changements et l'importance de ces derniers, il est à prévoir de forts impacts et évolutions sur la biodiversité du territoire. Et inévitablement sur les ressources naturelles qui y sont liées et leur utilisation. Mais une biodiversité d'ores et déjà malmenée, des écosystèmes dégradés, seront encore plus vulnérables à ces changements importants. Et encore moins à même de soutenir une exploitation de leurs ressources pour les activités humaines.

Des prévisions d'évolution des températures et des précipitations

Comme l'indiquent les cartes ci-contre issues des récents travaux du GREC-Sud (Groupe régional d'experts sur le climat en région Sud Provence-Alpes-Côte d'Azur), le territoire connaîtra une hausse substancielle des températures  et une augmentation des sécheresses estivales en durée et en intensité.

Ces évoTempératures maximales moyennes de l'air en été (°C) sur la période de référence 1996-2015. Sources: GREC Sudlutions, peu engageantes et issues cependant des scénarii les plus favorables (hausse des températures plafonnée à +1,5°C d'ici l'horizon 2050) induiera également une diminution Scénario d'évolution de la moyenne des températures maximales de l'air (°C) sur la période 2046-2065 (scénario RCP 8.5, i.e. avec +1,5°C)importante du manteau neigeux et une fonte plus précoce, avec en corrélation une sévérité accrue des étiages estivaux.

Dans les alpes du Sud, de plus en plus de dépérissements de peuplements forestiers sont observés principalement en-dessous de 1400m d'altitude, en raison des stress hydriques répétés. Déjà soumis à l'aléa des feux de forêt, une augmentation du risque  incendie est également à craindre. Durant les 60 dernières années, la saison propice aux incendies s'est ainsi allongée de 3 semaines.

 

 

Des changements déjà perceptibles sur la biodiversité

Sur le territoire du Parc naturel régional du Verdon, les observations de deux  papillons, l'apollon et le semi-apollon, espèces emblématiques des montagnes des alpes, montrent d'ores et déjà des changements perceptibles depuis 50 ans sur la distribution et la période de vol de ces deux papillons.

Ainsi, les observations d'apollon et de semi-apollon se font en moyenne respectivement 400 et 150m plus haut, qu'il y a 50 ans.

Le pic d'activité de l'apparition des adultes volant, est aussi avancé dorénavant de 2 à 3 semaines.

Ces modifications peuvent ne pas être neutres sur la pérennisation de leurs populations à terme. En effet, leurs populations peuvent être fragilisées si elles ne trouvent pas suffisamment d'espaces et de conditions favorables au-delà de leur limite altitudinale qui remonte. Par exemple, la dynamique généralisée de fermeture des milieux sur le territoire du Parc, peut raréfier les milieux favorables et conduire, peu à peu, à isoler les populations.

Le décalage phénologique d'activité peut aussi être impactant, le papillon pouvant ne pas trouver les ressources alimentaires suffisantes au moment de l'apparition des chenilles (décalage entre la période de floraison et la faune qui en est dépendante).

Les effets du changement climatique peuvent ainsi avoir un effet fragmentant, alors que globalement les populations semblent encore en bon état de conservation et connectées entre elles. Les populations du Verdon pourraient ainsi disparaître, le noyau de distribution de l'espèce se resserant autour de ses coeurs de population plus alpins.

 

 

La trame verte et bleue, à l'aube de profonds changements

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